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Vi(gn)es de châteaux en Rhénanie-Palatinat

De l’Allemagne, je ne connaissais que Munich, un bout de la Forêt Noire (pas le gâteau, le bois) et la plus cool ville du monde aka Berlin. Pourtant, à deux pas de la frontière, il est une région superbement méconnue et superbe tout court : la Rhénanie-Palatinat. Tour à tour membre de l’Empire Romain, du Saint-Empire Romain-Germanique, de la Prusse, de la Bavière et de la France, la région a hérité d’un gros patrimoine culturel et surtout de châteaux qui semblent sortis tout droit d’un film de Disney. Autre atout : le vin et la gastronomie. Il n’en fallait pas plus pour me faire grimper dans un train au petit matin, direction la Germany. Suis-moi pour vivre la vie de château dans le plus romantique des road trip.

Jour 1 en Rhénanie-Palatinat : Kaiserlautern >> Dahn >> Maikammer 

Nos premiers pas en Rhénanie-Palatina s’effectuent le long d’une voie ferrée (presque) à l’abandon (=> un train par jour). Nos secondes enjambées nous font grimper dans la forêt, à la recherche d’un château tapi dans l’ombre des arbres. Soudain, des briques roses apparaissent, d’un vrai rose, loin de celui des murs d’une certaine ville du Sud-Ouest que l’on ne citera pas (coucou Toulouse !). Posté depuis 780 ans au même endroit, le Neudahn Castle est plutôt bien conservé pour son âge. On peut encore monter dans les tours et se prendre pour la soeur Anne qui ne voit rien venir.

Le ruines de treize anciens châteaux, situés dans la partie sud-est de la Rhénanie-Palatinat ont été reliés par plusieurs parcours de VTT. Idéal pour se faire les jambes tout en se fracturant les yeux à chaque château, comme celui de Trifels à Annweiler. A défaut d’admirer de près ce joyau médiéval qui abrite des trésors en son sein (couronne, sceptre, épée et globe), nous testons la gastronomie locale : les marrons caractéristiques du Trifesland, royaume des châtaigniers. Si tu as encore de l’énergie après tout ça, sache que la région comptabilise environ 500 châteaux. Te voilà prévenu(e).

C’est justement l’heure de se sustenter. Car la culture s’incarne également dans les douceurs que nous allons entrer dans notre gosier. Direction la croquignolette ville de Maikammer pour admirer ses façades en grès du XVIème au XIXème siècles et ses domaines viticoles. Si aucun château n’a élu domicile dans la cité, chaque maison a des allures de reines. Ne manque pas la Villa des Inventeurs, la Vinothèque et son Gute Stube, un salon du XIXème de toute beauté.

Nous terminons cette première étape à la cave Dengler-Seyler installée sur la route des vins allemande. C’est les Romains qui ramenèrent le vin dans la région il y a quelques 2000 ans. Aujourd’hui, c’est un véritable business et une pluie de cépages recouvrent les collines : Riesling, Pinot, Chardonnay, Gewurztraminer ou Müller-Thurgau côté blanc, Dornfelder ou Blauer Portugieser côté rouge.

Avec cette dégustation de vins autochtones, nous découvrons que 2018 fût une année difficile pour les vignerons. Il en résulte des vins “fins, fruités et délicats avec une acidité équilibrée et stable, avec une variété d’arômes enchanteurs”. Comme à l’accoutumée lorsque l’on me parle de vins, j’ai l’impression que l’on me récite un poème et que le maître des lieux est à deux doigts de me demander mon 06. Il est temps que la journée se termine dans les vapeurs des plus délicieux des breuvages.

Pour que tes nuits soient douces (et ta peau du ventre bien tendue) :
Arens Hotel – Oberst-Barret-Straße 1, 67487 St. Martin. Tél. : +49 6323 9450.

Pour lever le coude :
Cave Dengler-Seyler – Weinstraße Süd 6, 67487 Maikammer. Tél. : +49 6321 5103. https://www.dengler-seyler.de/

Jour 2 en Rhénanie-Palatinat : Boppard >> Koblenz 

Inutile de bien manger au petit déjeuner, les dimensions titanesques des repas locaux étant suffisantes pour tenir la journée (voire la semaine). C’est par une balade paisible sur les bords du Rhin que nous découvrons la petite ville de Boppart. Un formidable voyage dans le temps à l’époque romaine, moyenâgeuse et moderne grâce aux 1001 monuments qui composent la bourgade : des églises dont celle des Carmélites, le château-fort (encore un) le castellum romanum vieux de plus de 2000 ans.

Anecdote importante si tu aimes lever le coude et si tu es un pilier de bistrot : c’est ici qu’est né Michel Thonet, le papa de la technique de la courbure du bois qui permis de mettre au monde les célèbres chaises bistrot. Une expo dans le château de la ville permet de tout savoir sur le procédé (si tu parles anglais).

Le périple se poursuit dans l’une des villes les plus connues du coin aka Coblence en français aka Koblenz en allemand. Bien qu’elle soit l’une des plus vieilles d’Allemagne, Coblence permet à ses visiteurs de s’envoyer en l’air. Direction l’une des 16 cabines de son téléphérique qui relie la vieille ville à sa forteresse en traversant le Rhin. La vue (et le vertige) vaux clairement le déplacement, même si tu n’es pas fan de vieilles pierres.

Construite par les prussiens entre 1817 et 1828, la forteresse était occupée avant même d’être forteresse, il y a plus 5000 ans (et ses fortifications remonteraient à quelques 3000 années et des brouettes) (et pour une fois, je ne suis pas Marseillaise). Ne manque pas d’aller jeter un coup d’oeil au Deutsche Eck, ce promontoire où la Moselle rencontre le Rhin et où une statue équestre de l’empereur Guillaume II, reconstruite en 1993, trône de toute sa hauteur.

Mais Coblence ne passe pas son temps à en mettre plein la vue. La ville aime aussi embarquer ses visiteurs dans ses ruelles discrètes (ne manque pas la fontaine du Schängel, version allemande du Manneken-Pis) ou dans ses brasseries typiques. Une atmosphère bon enfant qui sent bon l’Allemagne et les currywurst.

Pour que ta peau du ventre soit bien tendue :

  • Karmeliterhof – Karmeliterstraße 3, 56154 Boppard. Tél. : +49 6742 4848. https://www.karmeliterhof-boppard.de/
  • Altes Brauhaus – Braugasse 4, 56068 Koblenz. Tél. : +49 261 1330377. https://www.altesbrauhaus-koblenz.de/startseite

Pour que tes nuits soient douces :
Hôtel GHotel – Neversstraße 15, 56068 Koblenz. Tél. : +49 261 2002450. https://www.ghotel-group.de/en/hotels/koblenz-en/

Jour 3 en Rhénanie-Palatinat : Château d’Eltz >> Cochem

Il était une fois un château qui semblait avoir venir tout droit d’un film de Disney. Pour peu, on s’attendrait à croiser des bestioles qui chantent et des chandeliers qui parlent (ou l’inverse). Survivant de toutes les guerres, le Château d’Eltz est de ceux là. De ceux qui ferment le clapet aux plus bavards, qui donnent des jambes aux plus feignasses et qui donne un décor grandiose aux photos de dos.

Propriété de la même famille depuis sa construction sur la colline, la bête incarne plus de huit siècles d’histoire à travers son architecture, ses aménagements et sa déco intérieure. Malheureusement, seule une poignée de salles se visite et aucune n’autorise les photos. Les souvenirs seront donc à ramener dans ta tête, comme au bon vieux temps (celui du château).

Difficile de se remettre d’une telle visite mais Cochem relève le défit haut la main… et haut les cuisses. Il faut dire que les pentes et autres escaliers sont rois dans cette petite ville choupinette de 5000 habitants située entre le massif de l’Eifel (du nom d’un ancêtre de notre Gustave national) et la Moselle. Outre ses ruelles et ses places bordées de maisons à colombages typiques du coin, la cité possède son propre château construit vers l’an 1000.

Posté dans ses hauteurs, le Reichsburg offre une vue grandiose sur le fleuve et les rives recouvertes de vignobles. L’intérieur de la somptueuse bicoque n’est pas mal non plus et réserve quelques surprises rigolotes comme des chopes de bières géantes (prost) ou cette pièce ou l’on peut faire un voeu (je reviendrai plus tard te dire s’il s’est réalisé). Une belle reconversion pour ce château détruit par les troupes de Louis XV et restauré avec amour par Louis Ravené de Berlin en style néo-gothique. Mentions spéciales pour la salle des chevaliers, la salle à manger, la salle de chasse et la salle gothique.

Pour que tes nuits soient douces (et ta peau du ventre bien tendue) :
Karl Noss – Moselpromenade 17, 56812 Cochem. Tél. : +49 2671 3612. https://www.hotel-noss-cochem.de/en/

Jour 4 en Rhénanie-Palatinat : Traben-Trarbach >> Bernkastel-Kues 

Premier challenge de la journée : apprendre à prononcer le nom des bourgades où nous allons passer le dernier jour du voyage en Rhénanie-Palatinat. La visite commence à Traben-Trarbach, l’autre cité du vin (après Bordeaux bien entendu) (tout chauvinisme et mauvaise foi est complètement autorisés sur ce site).

Coincée entre collines et fleuve, celle que j’appellerais ici TT est considérée comme la deuxième place mondiale du négoce après la capitale de la Gironde. Une belle performance pour une petite ville de 6000 et quelques âmes. En témoignent les nombreuses caves (une vingtaine contre une centaine jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale) et les somptueuses villas de Style Art Nouveau qui squattent les rues. A ne pas louper également : la Porte du Pont (Brückentor), le château de Grevenburg et la forteresse de Mont-Royal. Mais l’intérêt principal se tient loin des monuments et de la lumière du jour. C’est dans les souterrains que tout se passe : du dîner romantique au marché de noël qui est unique au monde. Une vie parallèle qui a fait la réputation et la spécificité de la ville.

Nous quittons à regret TT pour découvrir ce qui sera notre dernière escale : les rues de Bernkastel-Kues. Ici, les maisons à colombages centenaires font concurrence aux 1001 fontaines. Ajoutez à cela un château (celui de Landshut), vous obtiendrez la ville romantique allemande par excellence où se promener gaiment avec sa moitié, voire même de la demander en mariage avec une rose dans la bouche. L’Allemagne, ça vous gagne.

Pour que ta peau du ventre soit bien tendue :
Vignoble de Dr. Pauly-Bergweiler – Gestade 15, 54470 Bernkastel-Kues. Tél. : +49 6531 3002.

 

 

***La Rhénanie-Palatinat, côté pratique***

Pour filer fissa en Rhénanie-Palatinat : Un train à destination de la gare de Kaiserslautern et une voiture de loc sont la manière la plus simple de partir à l’assaut de la Rhénanie-Palatinat. Pour le retour, nous sommes passés par la gare du Luxembourg (qui est ma foi fort photogénique).

Plus d’infos : Un petit clic sur le site de l’office du tourisme de l’Allemagne Romantique et/ ouou la page Facebook de l’Allemagne Romantique.

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