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Les sur-Douai : séjour au pays des géants

Je m’étais déjà baladée sur un terril, avais bouloté des kilos de maroilles mais je n’avais jamais rencontré une famille de géants ni parcouru des kilomètres de mines dans le noir. C’est désormais choses faites, après un nouveau séjour dans le Nord, à la découverte d’un petit bout que je ne connaissais pas encore. Plantée entre la Porte du Hainaut et Douai, cette ancienne terre de minière a beaucoup changé ces dernières années. Si elle a fièrement gardé des traces de ses origines, elle offre aujourd’hui un nouveau visage placé sous le signe de la promenade, de la culture et de la fiesta avec les célèbres Fêtes de Gayant.

Wallers, 1er jour : mine de rien (mine de crayon)

Le soleil brille de tous ses rayons mais c’est dans le noir que nous débutons ce tête-à-tête avec le Nord, en pénétrant dans les antres du site minier de Wallers-Arenberg. En deux temps trois foulées, nous nous retrouvons au coeur du XIXème siècle, à l’époque où la fausse d’Aremberg tournait à plein régime et produisait jusqu’à 452 630 tonnes (en 1930) de charbon.

La récession des 70’s et l’épuisement des ressources aura toutefois raison de l’entreprise qui ferme ses portes en 1989. Trois ans plus tard, elle renait de ses cendres en accueillant le tournage du film Germinal. Aujourd’hui, on peut toujours se balader dans la vraie fausse mine du film et crois-moi, c’est quelque chose, même si Renaud a reposé sa pioche depuis belle lulu (27 ans).

Depuis les années 2000, le site a amorcé un virage à 360 degrés en mettant en avant une toute nouvelle activité ludique. Protégée au titre des Monuments historiques depuis 1992, la fosse de Wallers-Arenberg a créé un nouveau pôle d’excellence en image et médias numériques – l’Arenberg Creative Mine – qui propose des visites certains jours de la semaine.

Dernier passage obligatoire : la trouée d’Arenberg, étape mythique de la course cycliste du Paris-Roubaix, ainsi que l’ancien cinéma-éléphant – fermé au public malheureusement – et la mare à Goriaux, étang d’affaissement minier et réserve biologique domaniale.

Site extérieur ouvert aux visites libres, du lundi au vendredi, de 9h à 18h.
Visites à thème consultables ici : http://www.arenberg-minecreative.fr/page/visites-site

Pour que tes nuits soient douces : Gîte Le Spartiate – 1 Rue des Chorettes, 59199 Bruille-Saint-Amand. Tél. : 06 18 71 83 80. https://www.lespartiate.fr/
Pour que ta peau du ventre soit bien tendu : l’Auberge du Lièvre – 2 Chaussée Brunehaut, 59199 Bruille-Saint-Amand. Tél. : 03 27 34 15 56. 

2e jour, Lewarde : un terrain miné qui garde le sourire 

A une poignée kilomètres de là (une bonne demi-heure en automobile), le Centre Historique Minier de Lewarde nous accueille pour une nouvelle journée dans le ventre de la terre. Métamorphosé en musée de la mine (le plus grand en France s’il te plait), l’endroit propose d’enfiler son casque pour pénétrer dans les galeries d’origine. Après avoir pris un ascenseur qui reproduit le boucan d’antan, nous découvrons le long d’une boucle de 450 mètres les procédés d’extraction de 1720 à 1990 avec le matos d’origine qui met à mal nos petites oreilles de citadins.

De retour sur la terre ferme, nous poursuivons notre apprentissage du boulot minier grâce aux expos installées dans les bâtiments d’origine (salle de bain, lampisterie, machine d’extraction, toussa…) et au témoignage d’un ancien mineur. Pendant une heure qui semble être une minute, Monsieur Jacques nous conte sa carrière, ses souvenirs et ses anecdotes. On en ressort tout ému, avec l’envie d’inviter Jacques à l’apéro de ce soir pour poursuivre l’échange jusqu’au petit matin.

Mais c’est avec un monstre de schistes, de grès carbonifères et de résidus divers que nous avons rendez-vous. Gentil colosse d’une centaine de mètres, le terril de la Mare à Gloriaux nous offre ses courbes pour une balade en vélo (électrique). Les yeux dans le gris, nous nous imprégnons de la nature pour mieux comprendre l’histoire des lieux. Dernier arrêt et pas des moindres : la cité pavillonnaire Lemay et la cité jardin Sainte Marie où ont été construits les fameux corons car comme Pierre Bachelet le dit si bien : Au Nord C’était les Corons, habitations typiques des ouvriers qui ont évolué au fil des décennies.

Pour que ta peau du ventre soit bien tendue et pour caresser des chèvres choupinoues : Les Chevrettes du Terril – Rue de l’espace Terril, (au bout de la rue de la Maison du Terril), 59870 Rieulay. https://chevrettesduterril.fr/

Douai : une ville “géante” 

Posée entre Lens et Cambrai, Douai est une petite bourgade tranquille de 40 000 et quelques habitants… sauf durant la première quinzaine de juillet où 100 000 visiteurs rejoignent la ville pour faire la chouille. Cette agitation est dû aux célèbres Fêtes de Gayant durant lesquelles un grand cortège de cinq géants se baladent dans la cité au son des tambours.

Il fait trop beffroi pour travailler 

La fête n’a pas commencé mais la ville toute entière frétille déjà. Quelques heures avant le début des festivités, nous décidons de faire le tour du propriétaire en débutant par le beffroi. Encore une belle épreuve pour la paniquée du vide que je suis. Un grand merci aux différentes salles qui permettent de couper l’ascension, de donner des infos sur l’histoire des lieux et de ne pas achever nos jambes malgré les 196 marches à gravir.

Classé au patrimoine de l’Unesco avec ses 23 autres petits copains de France et de Belgique, le beffroi de Douai a commencé sa construction au XIVème siècle pour mettre son dernier coup de pelle au XIXème. Une centaine d’années plus tard, il est toujours l’une des attractions du coin, grâce à sa vue à couper le souffle sur les bâtisses, son carillon et ses 62 cloches (attention les oreilles). La plus grande d’entre elles, Joyeuse, est un gros bébé de quelques 5 500 kg.

E-Scarp-ade sur l’eau

Rendez-vous au pied du Palais de Justice, ex-Parlement de Flandres pour une petite promenade bucolique. Avant de voguer jeunesse sur les flots de la Scarp au son des oiseaux et vent filant dans les arbres, nous découvrons les anciennes cellules qui ont vu passer un paquet de prisonnier dont certains VIP, à l’image du célèbre Vidocq qui s’y échappa à moult reprises.

La balade nous donne l’occasion d’écouter l’histoire de la ville entre deux clapotis de l’eau, et d’apercevoir de superbes façades et monuments dont le musée de la Chartreuse, la Collégiale Saint-Pierre ou l’église Notre-Dame. Au programme de cette demi-heure hors du temps : des milliards d’anecdotes sur l’évolution du canal, son rôle au cours des siècles, ainsi que sur la faune et la flore locales.

C’est la fête (de Gayant)

Retour sur la terre ferme avec le début des festivités. Organisées le premier week-end après le 5 juillet, les Fêtes de Gayant mettent toute la ville en ébullition pendant deux semaines, avec en point d’orgue les trois jours de sorties de ses Géants, du dimanche au mardi. Durant cette petite sauterie, toute la ville célèbre la sortie de la famille géante dans le cadre d’un grand cortège : le papa, la maman et les trois “petits” : Jacquot, Fillon (qui n’a pas d’argent à rendre, contrairement à d’autres) et Binbin. Pour te donner une idée, sache que Monsieur Gayant mesure 8m50 et pèse 370 kg. Rendez-vous à 7h du mat pour voir leur première sortie si tu as le courage !

Installés aux fenêtre de l’hôtel de ville tout de blanc et noir vêtus (le dress code officiel), nous admirons le spectacle surréaliste qui se joue dans la cours de la Mairie : 5 statues géantes dansant avec des nains d’1m80 tout au plus (nous). Les Géants vont ensuite se reposer avant de se gambader joyeusement dans les rues de la cité. J’en profite pour aller faire une bise à Binbin (à défaut de l’avoir fait avant l’âge de 6 ans pour être considérée comme une vraie Douaisienne) et m’aventurer sous la jupe de Mr Gayant pour contempler le spectacle : pas de slip pour monsieur mais six valeureux êtres humains se positionnent pour donner vie à la star.

Nous retrouvons le grand couple durant le buffet organisé par la ville. Pour pénétrer sur les lieux, il faut montrer patte blanche ou réserver un sacré bout de temps à l’avance. Au menu des réjouissances : de la musique, des rires, des belles rencontres et des dizaines de plats “made in north” : tarte aux maroilles, welsh, carbonnade… La #teambouboule requinquée, il est temps (15h) d’assister au bouquet final : le Grand Cortège. Après avoir déambulé dans une ville survoltée, nous voyons enfin débouler les chars et leurs occupants. C’est parti pour plusieurs heures de confettis, de déguisements et de couleurs. L’heure pour nous de rentrer dans nos pénates à pas de loup et pas de géants…

Pour que tes nuits soient douces : ibis Styles Douai Gare Gayant Expo – Boulevard Vauban, 59500 Douai. Tél. : 03 27 88 00 11.
Pour que ta peau du ventre soit bien tendue : la Maison Prevost – 10 Rue de la Massue, 59500 Douai. Tél. : 03 27 86 59 97.

Séjour à Douai et dans le bassin minier, côté pratique 

Y filer fissa : Un covoiturage ou un train en direction de Douai. Le reste de la balade pourra se faire à pied. Il faudra en revanche être véhiculé pour visiter le bassin minier.

Plus d’infos sur la destination : https://www.autourdulouvrelens.fr/ et http://www.douaisis-tourisme.fr/

Plus d’infos sur le bassin minier : Retrouve « La petite histoire du Bassin minier Patrimoine mondial » en version numérique. www.bassinminier-patrimoinemondial.org

Un grand merci à Autour du Louvre Lens et à Douaisis Tourisme pour l’organisation de ce voyage. Je reste comme d’habitude libre de mes écrits.

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