Last Updated on 22 septembre 2025 by Solcito
Des eaux transparentes hypnotisantes, des villages multicolores et street-artés, des routes en lacets qui font monter la tension – tant pour leur beauté que leurs virages à rallye -, des pizzas qui font battre le coeur… La Sardaigne du Nord est connue pour être la version italienne de son île voisine française de beauté. Entre plages paradisiaques, panoramas spectaculaires et haltes gourmandes, j’ai découvert qu’il s’agit de bien plus que ça : un charme bien à elle qu’elle partage avec ses chanceux visiteurs. Récit d’une semaine haute en couleurs sur cette île qui décoiffe (merci le vent).
Jour 1 en Sardaigne du Nord
Olbia : l’escale non obligatoire
L’aventure commence – et se terminera une semaine plus tard – à Olbia. Un aéroport international pour atterrir, des routes principales pour rejoindre le reste de l’île : côté logistique tout y est. Mais niveau charme, on repassera. En se « baladant », on a l’impression d’avoir mis les pieds dans une ville-escale : grands ronds-points, rues tristounettes, immeubles sans caractère…
Disons qu’Olbia est plus fonctionnelle que séduisante. Il y a tout de même une très jolie basilique (San Simplicio, 3 euros l’entrée) qui sauve un peu l’honneur et un sympathique restaurant qui fait le job à côté. Mais cette agréable parenthèse gastronomico-culturelle fut la seule de notre court passage. Peut-être sommes-nous passés à côté d’Olbia ? C’est possible mais les quelques minutes de marche dans les rues à la recherche du port nous a découragés d’aller plus loin. A une poignée de kilomètres d’Olbia, tu pourras néanmoins profiter de quelques plages sympathiques (avec moult transats payants comme dans toute l’Italie) et si ton portefeuille le permet séjourner sur la fameuse côte sélect.
Bonne adresse miam miam : Bar Trattoria San Simplicio – Via S. Simplicio, 39, 07026 Olbia, Sardaigne.
Badesi : notre QG entre deux vagues
Après cette arrivée en « fanfare », un peu de calme ne fait pas de mal. Direction Badesi, petit village planté dans la montagne qui ne fait pas beaucoup parler de lui mais qui se révèle stratégiquement parfaite comme point de chute. C’est ici que nous avons mis la main sur un logement abordable en plein mois d’août (500 euros la semaine dans une sympathique guest house) dans une une atmosphère tranquille, à deux coups de volant des meilleurs pizzas et lasagnes de l’île et d’une plage immense.
Attention, la plage de Badesi, ce n’est pas la petite carte postale lagon façon Seychelles. Ici, on retrouve les vagues de notre sud-ouest. Le genre qui te font croire que tu peux surfer, mais qui t’éjectent en moins de deux secondes comme une chaussette dans une machine à laver.
Mais il n’est pas déplaisant de se laisser malmener par la mer, rire comme un gosse en se faisant renverser, et finir par une bière fraîche à la buvette de la plage en regardant le coucher de soleil sans mille et un touristes qui viennent squatter ta photo.
Bonnes adresses miam miam :
InForno pizzeria – Vicolo Amsicora, 1, 07030 Badesi, Sardaigne Tél.: +39 379 254 0774 : des pizzas à tomber à la découpe ou à la commande. Appeler en amont pour commander ou venir dès l’ouverture à 19h30 !
Le Genuina Gastronomia & Rosticceria – Via Mar, 8, 07030 Badesi, Sardaigne. Un traiteur local qui propose de délicieuses spécialités italiennes à emporter.






Jour 2 dans le Nord de la Sardaigne
Spiaggia di Cala li Cossi : une crique secrète plus si secrète
Commencer par la Spiaggia di Cala li Cossi donne le ton pour le reste du séjour : un petit coin qui semble sorti d’une carte postale pris d’assaut par des dizaines (et des dizaines) de parasols. Pour y accéder, il ne faut pas montrer patte blanche mais se lever de bonne heure pour décrocher le graal : une place de parking (payante) et un plouf dans l’eau seul au monde, en attendant que la horde de visiteurs te rejoignent. Si place il n’y a pas, il faudra te garer plus haut dans le village, ce qui te permettra d’économiser une poignée d’euros et peut-être même de croiser une famille de sangliers comme nous !
Il faudra ensuite parcourir une quinzaine de minutes à pied à travers un sentier escarpé de toute beauté. Chaque virage donne ainsi un aperçu de cette mer limpide qui borde les plages de la Sardaigne du Nord. A l’arrivée, la plage n’est pas bien grande, de l’eau transparente plantée de rochers polis par les vagues qui lui donne des faux airs de Seychelles.
Après tes plongeons, je te conseille de poser ton postérieur dans les chaises du restaurant qui borde le parking mais qui donne aussi sur la mer. Les délicieux sandwichs tomates-mozza-huile d’olive-origan permettent de se requinquer avant de reprendre la route.
Bonne adresse miam miam : Chiosco Bar Al Porto – Via La Piana, 17D, 07038 Costa Paradiso, Sardaigne.




Castelsardo : le coucher de soleil manqué
Autre étape du séjour : le très plébiscité Castelsardo. Un village perché, des ruelles médiévales, une galère pour parquer son automobile en côte, des couleurs en veux-tu en voilà et des jambes mises à contribution pour accéder à un château. Je te cache pas que ce fut une journée sans malgré le charme des lieux, du genre de celles où tout t’épuise et où tu rêves de te poser quelque part sans plus bouger un centimètre carré de ta personne.
Finalement, le moment le plus agréable fut cette pause appréciable sur la plage à se baigner dans une eau, certes pas aussi limpide que bon nombre de ses copines, mais à la température idéale.
On m’avait vendu son coucher de soleil comme un spectacle incontournable : l’astre royale qui enveloppe chaque bâtisse de son or, ambiance carte postale. C’était sans compter un enfant (le nôtre) qui crie famine et une heure de dîner qui tombe pile pendant l’heure dite dorée. Heureusement, le burger du coin rattrapa comme il put la légère déception. Note pour la prochaine fois : amener un sandwich et prier le dieu des couchers de soleil pour que les nuages aillent voir ailleurs où ils sont.





Jour 3 en Sardaigne du Nord
Santa Teresa di Gallura : un petit coucou à la Corse
Santa Teresa di Gallura, c’est la pointe nord de la Sardaigne, le bout du bout où la Corse semble si proche qu’on pourrait presque y aller en deux coups de brasse (spoiler : non). Le village en lui-même a des airs de station balnéaire tranquille. Une grande place centrale, des ruelles où se perdre gentiment, une jolie église et une tour aragonaise d’un siècle très ancien.
Fermée pile au moment de notre passage, elle offre une balade sur les rochers, des photos souvenirs sympathiques, une vue panoramique sur la mer et, par temps clair, sur Bonifacio. Les plages alentours sont superbes, avec des criques aux eaux translucides idéales pour piquer une tête… si tu parviens à choisir entre sable fin et rochers photogéniques.





Jour 4 en Sardaigne du Nord
Alghero : flânerie multicolores
J’avais cru comprendre qu’il s’agissait d’une pépite du nord-ouest de la Sardaigne, et laisse moi te dire que la réputation est méritée. Alghero dégage une ambiance particulière qui donne envie de se perdre dans son enchevêtrement de ruelles pavées qui semblent mener chacune à une église ou à une petite place. Et les façades colorées d’alterner avec les murs de pierre brute, le linge de sécher aux balcons qui débordent de fleurs, comme pour ajouter une touche de couleurs aux couleurs.
On aime également déambuler sur ses remparts qui longent la mer et offrent à chaque pas un nouveau point de vue sur l’horizon… ou une rencontre étonnante comme cette immense catapulte accompagnée de boulets géants. Un arrêt obligatoire pour les touristes en culottes courtes. On ne sait finalement quel endroit privilégier : les remparts pour faire le plein d’air iodé et de vitamine D ou les ruelles pour se rincer la rétine et se protéger des UV ? Alterner les deux est une belle option.
A quelques kilomètres de là, la grotte de Neptune est un lieu très convoité. Les centaines marches pour y accéder (ou le bateau) avec un minus + la description lue dans les différents avis (parking inexistant + visite expédiée avec de très nombreux autres touristes + explications du guide inaudible + tarif élevé) auront eu raison de notre motivation.





Spiaggia de la Torre del Porticciolo : la tour qui muscle les mollets
Ancienne tour de guet, la Torre del Porticciolo montait la garde autrefois pour se protéger des pirates. Aujourd’hui, elle surveille surtout les explorateurs en short et sandales qui transpirent pour y arriver, ainsi que les baigneurs qui choisissent l’option plage avec vue. Deux chemins permettent de rejoindre ses eaux rafraichissantes : une aventureuse (testée avec un minus de 3 ans et demi) et une volée de marches (beaucoup plus simple, mais découverte sur le tard !).
L’arc de cercle qui s’étire au pied de la tour offre un panorama grandiose : falaises escarpées, mer à perte de vue, et impression d’être au bout du monde. Une fois les yeux plongés dans l’eau, la magie s’efface un peu : l’océan y était jonché d’algues et de cailloux au fond de l’eau… Parfait pour tester son sens de la contorsion quand tu tentes d’entrer élégamment dans l’eau ou pour les photos depuis le bord, un peu moins pour un bain relaxant. Mais même avec ces quelques « désagréments », on ne peut s’empêcher d’admirer la beauté sauvage du lieu. Bonus track : la buvette installée sur la plage qui permet une pause glouglou entre deux séances bronzette. Un spot testé par Pauline, copine spécialiste de la Sardaigne, et approuvé par nous-même.



Jour 5 en Sardaigne du Nord
Bosa : coup de cœur coloré (et sportif)
Ici pas de plage paradisiaque mais un cours d’eau qui servait jadis aux tanneurs qui ont depuis déserté les lieux. Leur quartier accueille désormais un musée dédié à l’ancienne pratique dans le cadre d’une balade charmante. Petit village coloré comme la majorité de ses confrères sardes, Bosa cache bien son jeu.
Si l’endroit respire la tranquillité, avec des petites terrasses où siroter un café et des chats qui dorment au soleil comme s’ils étaient payés pour ça, une partie de la bourgade est accessible moyennant une participation ardue des mollets et de la cardio.
Pour accéder à bon nombre de rues, au château et à la vue, il faut grimper. Escaliers, ruelles en pente, soleil qui cogne. Arrivés en haut, nous ressemblions à des randonneurs en fin de vie. Si la visite payante du château ne vaut pas la peine, la vue sur Bosa et la vallée compense et redonne des points de vue aux valeureux grimpeurs. Un conseil : partez tôt ou tard pour éviter de finir rôti. Et gardez de l’eau, sauf si vous aimez les expériences façon Koh-Lanta.
A quelques kilomètres de là (5/10 minutes en voiture), Bosa se décline version plage. Si ce n’est pas la plus belle du nord de la Sardaigne, sa taille permet d’offrir un espace respectable pour son postérieur et sa serviette. Autre manière de se rafraichir après une chaude journée : faire trempette dans ses piscines naturelles. Accessibles après une vingtaine de minutes de marche (déconseillée aux minus) elles valent le coup d’œil avant même le coup de palme.
Bonus à proximité : À Suni, ce ne sont pas les guides qui parlent le plus… mais les murs. Le village est couvert de fresques murales colorées qui racontent la vie d’autrefois, entre scènes rurales et portraits vivants. Se promener dans ses ruelles, c’est un peu comme feuilleter une BD grandeur nature.






Jour 6 en Sardaigne du Nord
Stintino et Spiaggia de La Pelosa : mode Disneyland activé
Le lendemain, direction Stintino, petit village sans prétention qui sert de tremplin vers La Pelosa, la plage star du nord de la Sardaigne. Tout le monde en parle comme de Beyoncé : sublime, incontournable, et forcément un peu capricieuse. En arrivant en Sardaigne, première surprise : l’accès à la Pelosa est payant et limité à la journée de mai à octobre. On se croirait presque à Disneyland : tu te connectes sur le site web à l’heure pile (8h du matin), tu payes ton ticket (3,5 euros par personne à partir de 12 ans), tu récupères ton bracelet à l’arrivée et tu dois même amener ta natte – obligatoire – pour protéger le sable au risque de décrocher un avertissement, voire une amende.
Pas de parasol ? Bonne chance pour survivre au soleil sarde. Sinon, il ne reste plus qu’à casser ton PEL pour booker une chaise-longue ou à piquer un peu d’ombre à ton voisin (testé et approuvé par l’autrice de ces lignes). Une tâche facile, les serviettes jouant à un agaçant collé-serré durant les chaudes journée d’été. Je découvre qu’il sera de même sur toutes les autres plages et criques de l’île : la rançon de la gloire en cette fin août.
Mais une fois installé… wow. L’eau est si claire qu’on dirait la croirait importée des Maldives ou Photoshopée. Il n’en fallait pas plus pour que tout le monde joue les influenceurs : jeunes femmes en robe tape à l’oeil, couples en maillot de bain, familles armées de matelas flamant rose… et touriste blonde qui improvise une photo de dos au milieu d’une foule en délire. S’éloigner de la rive permet de troquer le barbotage contre une vraie baignade et de prendre ses distances avec ses comparses de voyage.
Pro-tip : si vous n’avez pas réservé, tentez les plages voisines (Ezzi Mannu, Le Saline). Moins spectaculaires mais néanmoins très jolies et surtout sans contrôle façon vigile de supermarché.




Jour 7 en Sardaigne du Nord
Les îles Maddalena : le paradis en ferry
Le clou du spectacle est un archipel répondant au doux nom de Maddalena. On embarque à Palau avec le ferry (voiture à bord, parce qu’ici, tout est plus simple avec des roues – 46,70 euros avec Delcomar pour 3 personnes si tu prends les billets au port), et on débarque dans le plus beau décor de notre séjour.
Routes panoramiques où chaque virage dévoile une nouvelle crique turquoise, petites plages nichées entre des rochers polis comme des sculptures, nature entrecoupée de pierres qui ne roulent pas donc n’amassent pas mousse et bouquetins qui viennent faire un petit coucou si tu as de la chance.
Après avoir fait escale sur plusieurs criques, c’est celle du Poulpe qui remporte la palme. L’eau est si claire qu’on voit chaque caillou au fond, chaque poisson curieux qui passe, et peut-être le poulpe qui a donné son nom à l’endroit. Masque et tuba vivement conseillés pour jouer à l’explorateur sous-marin. Un conseil : arriver tôt, le sable étant pris d’assaut dès 10h du matin. Coup de cœur également pour une crique sans nom mais avec buvette, trésor caché à deux pas de la Cala Francese.
La Sardaigne en résumé
En une semaine, nous eûmes finalement un condensé de tout ce qui fait la magie de la Sardaigne : plages de rêve, villages colorés, gastronomie qui fait exploser le bouton du jean, et quelques galères (principalement le parking) qui font rire après coup. Si la destination mérite vraiment le voyage, je ne saurais que te conseiller de décaler ton périple à une période plus calme que l’été. Le hors saison, il n’y que ça de vrai mama mia !
Sardaigne du Nord, côté pratique
Comment aller en Sardaigne ?
Depuis Paris et Bordeaux, plusieurs compagnies proposent des vols directs vers Olbia ou Alghero (selon la saison) en moins de 2h.
Pour les pieds marins ou allergiques à l’avion, il existe aussi l’option ferry depuis la France métropolitaine ou de la Corse, mais il faudra ajouter un peu plus de temps à ton expédition.
Comment se déplacer en Sardaigne ?
Sans voiture, oublie. La Sardaigne du Nord se découvre en road-trip, cheveux au vent ou clim’ à fond. Un réseau de bus semble exister, mais nous ne l’avons pas testé.
Bon plan : passer par BSP Location, un comparateur qui propose souvent de très bons prix sur les voitures de location. En plus des prix intéressants, je te propose une réduction de 5% sur ta prochaine location. De quoi garder un budget pour les glaces et les lasagnes quotidiennes.
Quand partir en Sardaigne ?
La haute saison (juillet-août) rime avec soleil de plomb, plages bondées et tarifs qui grimpent beaucoup plus vite que moi dans les ruelles de Bosa. Privilégie donc le hors saison : mai-juin ou septembre-octobre. La mer est encore chaude, le soleil au rendez-vous et vos photos auront moins de parasols en arrière-plan.
Quoi manger en Sardaigne ?
En Sardaigne, on vit aussi pour l’assiette. Outre les pizzas avec lesquelles on ne rigole pas et les produits de la mer, n’hésite pas à tester les pâtes à la bottarga (mulet séchés), le porceddu (cochon rôti) et le pane carasau. Ajoute du pecorino, finis par une seada (beignet au miel) et arrose le tout d’un verre de Cannonau ou de Mirto. Résultat : un body summer qui attendra le retour.

4 commentaires
Super article ! Les photos sont magnifiques, ça donne trop envie de découvrir le nord de la Sardaigne
Merci Magalie ! Oui j’espère que tu auras l’occasion de découvrir le coin :)
Trop bon ton récit Entre “Disneyland activé” à La Pelosa et les parkings galère, j’ai eu l’impression d’y être. Merci pour l’honnêteté !
Haha ravie que l’article t’ait plu, et merci à toi pour ton commentaire !