Last Updated on 2 septembre 2026 by Solcito
Trois jours pour remonter le temps, des grottes préhistoriques de la vallée de la Vézère aux châteaux et bastides du Périgord. Entre sites classés à l’Unesco, villages de caractère et patrimoine de dingue, la Dordogne révèle ses charmes dans le cadre d’un long week-end ou d’un séjour plus long pour les chanceux. Suis-moi sur les routes périgourdines pour un voyage dans le temps sans DeLorean ni docteur fou mais avec des locaux et des lieux incroyables.
Jour 1 : Lascaux, aux origines de l’art
Les Eysies pour poser ses valises
Pour commencer ce long week-end, direction Les Eyzies, capitale mondiale de la Préhistoire s’il vous plait. Après quelques heures de route depuis Bordeaux, le village est une excellente porte d’entrée pour découvrir la vallée de la Vézère. On peut poser ses valises aux Glycines, hôtel installé au cœur des Eyzies, avant de consacrer l’après-midi à l’un des sites les plus célèbres et la grotte star de Dordogne, j’ai nommé Madame Lascaux. J’en parlais il y a quelques mois dans un article dédié aux activités insolites en Dordogne, Lascaux est l’endroit incontournable de tout séjour dans le coin.
Découverte en 1940 par quatre ados, la grotte originale est aujourd’hui fermée au public afin de préserver ses peintures, très affectées lors de ses années d’ouverture. Si une poignée de personnes ont pu encore y entrer après sa fermeture officielle (5 par jour) en 1963 (sur liste d’attente), aujourd’hui aucun visiteur ne peut y entrer un orteil, pas même le président. Le dernier fut Sarko accompagné de sa chanteuse mais sa visite n’a pas laissé un souvenir impérissable à l’équipe ! Quelques rares chercheurs habilités, en charge de la conservation et de la protection de la grotte ont le droit de franchir sa porte.






Lascaux : le premier fac-similé au monde
Si la déception de ne pas visiter la vraie grotte peut provoquer un FOMO (Fear Of Missing Out) chez certains, force est de constater que les deux reproductions font le job… Les nostalgiques pourront aussi se rendre derrière les grilles de la vraie Lascaux pour deviner son entrée derrière les arbres. Ouvert en 1983, Lascaux II fut le premier fac-similé de grotte au monde. La vraie « fausse » grotte permet de découvrir la Salle des Taureaux et le Diverticule axial, tandis que sa consoeur Lascaux IV propose une reproduction quasi intégrale de la grotte, de la Nef à l’Abside en passant par la scène du Puits. La visite des deux lieux est vivement conseillée. Quant à Lascaux III, c’est la version nomade : une exposition itinérante qui fait voyager des fac-similés de la Nef et du Puits à travers le monde, malin ! Toutes ces reproductions permettent de découvrir au plus près les célèbres peintures et gravures préhistoriques sans mettre en péril l’original.






À l’Atelier des Fac-Similés, on passe de la découverte à la fabrication : l’occasion de comprendre comment sont reproduites avec une grande précision les parois et les œuvres de la grotte. Les dispositifs de médiation permettent de mieux comprendre les œuvres, mais aussi les enjeux liés à leur conservation. Si le coeur et tes finances te le permettent, la journée peut se terminer par un dîner dans l’un des espaces de Lascaux IV. Une expérience juste incroyable qui permet de prolonger cette plongée dans les origines de l’art.



Pour que tes nuits soient douces et ta peau du ventre bien tendue :
Les Glycines Hôtel & Spa 4* – 4 avenue de Laugerie, 24620 Les Eyzies-de-Tayac-Sireuil. Tél. : 05 53 06 97 07 : Après avoir remonté le temps jusqu’à la Préhistoire, retour au XXIe siècle avec cette jolie adresse : chambres douillettes, bonne table, piscine et spa… de quoi troquer le silex contre un peignoir bien moelleux !




Jour 2 : Sous terre, puis au temps des moines
Une matinée à la Préhistoire
Le lendemain, la vallée de la Vézère continue de dévoiler ses trésors préhistoriques. Aux Eyzies, la Grotte du Grand Roc plonge les visiteurs dans un tout autre décor. Ici, ce sont les formations géologiques qui tiennent le premier rôle : stalactites, stalagmites, coulées de calcite et les fameuses « excentriques » se mêlent à d’étonnantes cristallisations en forme de triangles ou de croix, certaines prenant des allures de créatures fantastiques. Un étonnant paysage souterrain qui donne l’impression de faire une session plongée et pour cause : les lieux étaient il y a fort fort longtemps sous l’eau !



À proximité, les abris de Laugerie-Basse racontent une autre facette de la vie préhistorique. Installés sous les falaises de la Vézère, ils témoignent de l’occupation humaine de la vallée depuis la Préhistoire. En se promenant sous les gigantesques blocs, on se dit (moi tout au moins) que nos ancêtres étaient sacrément courageux de faire le dodo sous des trucs qui pouvaient se décrocher à tout moment. Des travaux ont d’ailleurs étaient faits pour sécuriser les lieux au cas où. La Grotte du Grand Roc et Laugerie-Basse sont tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco au sein des sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère.



Du XIII au XVIe siècle
Après plusieurs millénaires d’histoire, changement d’époque avec la somptueuse abbaye et le non moins spectaculaire cloître de Cadouin. Ce joyau du gothique flamboyant nous fait faire le grand écart entre les visites du matin et cette arrivée au début du XVIe siècle. Son architecture, ses sculptures et la finesse de ses décors témoignent de l’importance du monastère au Moyen Âge. C’est dans ce décor de fou que nous avons eu la chance de déjeuner d’une salade périgourdine inoubliable.
Outre la beauté des lieux, c’est l’une des anecdotes de la guide qui a retenu toute mon attention (#passionanecdotes) : l’église attenante croyait détenir le Saint-Suaire installé dans un coffre en hauteur. Pour le voir et le toucher, il faillait passer à la caisse. Aussi, le village prospérait. Mais patatra : en 1934, le père jésuite Francez remarqua sur les bandes décoratives du tissu une inscription en écriture coufique. Son déchiffrement révéla qu’il s’agissait en réalité d’une étoffe musulmane fabriquée en Égypte à la fin du XIe siècle. L’évêque de Périgueux décida alors d’annuler le pèlerinage : le scandale est énorme et met brutalement fin à des siècles de dévotion. Aujourd’hui, le site est classé au patrimoine mondial de l’Unesco, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Belle revanche !






Pour finir cette journée forte en émotions, direction Monpazier. Cette bastide fondée au XIIIe siècle est réputée pour son plan régulier et sa grande place centrale bordée d’arcades où il fait bon boire un petit coup / manger / refaire le monde (ne raye aucune mention inutile). Une promenade dans ses rues permet de découvrir une autre facette du patrimoine local, avant d’aller rejoindre Morphée.






Pour que tes nuits soient douces et ta peau du ventre bien tendue : Hotel Le Chevalier Bleu – 21 rue Saint-Jacques, 24540 Monpazier. Tél. 05 53 63 50 97. Installé dans des bâtiments anciens dont certaines parties remontent à la fondation de la bastide en 1284, l’hôtel a été rénové en 2023 en mêlant vieilles pierres, poutres apparentes et déco contemporaine avec en prime une magnifique piscine extérieure et un restaurant.



Jour 3 : Le château de Biron, entre histoire et création
Dernière étape de cette escapade : le château de Biron. Perché sur son éperon rocheux, le monument domine le paysage et impressionne les humains d’aujourd’hui par ses dimensions. C’est le plus grand château de Nouvelle-Aquitaine, mais aussi un véritable condensé de l’histoire architecturale du territoire, avec des bâtiments construits et transformés au fil des siècles.
La découverte pris une dimension particulière à l’occasion du 250e anniversaire de la Constitution américaine en 2026, célébré en présence de la Consule des États-Unis à Bordeaux. Une façon insolite de mettre en lumière les liens entre patrimoine français et histoire américaine mais la visite classique sans tout le tralala vaut également le détour. L’occasion d’écouter les histoires rocambolesques du château et de ses anciens propriétaires. Je laisse au guide le soin de te conter tout cela lors de ta venue.




Mais Biron ne se contente pas de regarder vers son passé. Le château fait aujourd’hui dialoguer patrimoine et création contemporaine : partenariat avec le Metropolitan Museum of Art de New York autour de ses anciennes sculptures, remeublement avec le concours du Mobilier national, exposition « Les Aliénés »… Le monument continue son bonhomme de chemin tout en conservant son identité.
Après un dernier déjeuner sur place, il est temps de reprendre la route vers Bordeaux. En trois jours, ce long week-end aura permis de traverser plusieurs milliers d’années d’histoire, de la naissance de l’art pariétal aux grandes demeures seigneuriales. Une belle manière de découvrir la Dordogne en seulement quelques jours…




Cet article a été rédigé dans le cadre d’un voyage de presse organisé par Semitour que je remercie chaleureusement pour son accueil. Je reste comme à l’accoutumée libre de mes écrits.
