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L’interview Voyage de Camille Anseaume, écrivain

La première fois que l’on a parlé voyage elle et moi, c’était elle qui posait les questions. De cet entretien est né un joli portrait sur ma profession de baroudeuse professionnelle. Depuis, notre amitié a fait un beau bonhomme de chemin, sa carrière aussi. De journaliste, elle est passée écrivaine professionnelle en publiant son premier roman aux éditions Kero.

Son Tout « Petit Rien », c’est un Enorme Tout. L’histoire d’une fille, d’un test de grossesse positif et d’un choix, le sien.

Le genre de roman qui fait lire à la fin les mentions légales et les remerciements pour prolonger le moment à ses côtés (et je ne dis pas ça parce que mon nom y apparaît). Le genre du roman qui te faire rire aux larmes, pleurer de rire et pleurer tout court (ou les trois en même temps). Le genre de roman qui est certes « petit » mais tout sauf « rien ».

Pour célébrer la sortie de son premier ouvrage, l’Interview Voyage de Camille Anseaume t’emmène dans son univers. Embarquement immédiat dans son (tout petit) monde.

Un tout petit rien

Solcito : Quel(s) type(s) de voyageuse(s) es-tu Camille Anseaume ?

Camille : Je suis une voyageuse perdue. Je ne peux pas voyager seule car je ne sais pas me repérer dans l’espace ! Donc je suis une voyageuse contemplative en fait, je me laisse porter par les gens qui font ça mieux que moi. En fait, je n’aime pas les premières fois quelque part, je préfère les deuxièmes. Je n’arrive pas à me réjouir de la perspective de quelque chose que je ne connais pas encore. Là par exemple, je rêverais de retourner à la Réunion car j’ai tout plein de jolis souvenirs auxquels me raccrocher. Finalement, je crois que je suis une voyageuse pas téméraire qui aime avoir des repères. Je ne suis pas sûre d’aimer la sensation de dépaysement, j’aime quand l’endroit devient chez moi.

Si tu devais définir le voyage en 3 mots ?

C : (Elle hésite, trouve ça bateau, je la rassure, c’est très bien) Curiosité, dépaysement et enrichissement !

Si le voyage était une chanson ?

C : Voyage Voyage car j’ai la chanson dans la tête depuis que je sais que je vais te voir.

Si le voyage était un parfum ?

C : Un gel douche ! J’en achète un différent avant chaque voyage, c’est un rituel. Comme ça, chaque voyage a son odeur. Quand je rentre chez moi, je me shoote au produit. A la Réunion par exemple, j’avais acheté un savon au monoï. Je me suis savonnée avec à mon retour pendant des semaines. Mais là j’ai arrêté, je te rassure. (c’était en 2012, ndlr)

Si le voyage était un film ?

C : Into the wild car pour la première fois, j’ai pu ressentir cette folie des grands espaces que je n’expérimente pas d’habitude. L’excitation et la solitude aussi.

Si le voyage était une couleur ?

C : Le gris ! C’est la couleur de ma valise.

Si le voyage était un personnage célèbre ?

C : Ma tante hôtesse de l’air. Elle n’est pas connue mais moi je la connais très bien.

Ta pire expérience de voyage ?

C : Le Maroc, il y a deux ans. J’ai chopé une infection urinaire juste avant le départ. J’ai cru mourir… Jai voulu d’ailleurs ! Je me suis dis que je ferais ma vie au Maroc si je survivais (elle va mieux et est depuis rentrée à Montreuil). Ce voyage était déjà mal engagé car j’avais dû partir sans ma fille à cause d’une sombre histoire de passeport. J’ai donc pris l’avion malade avec pour seul voisin le doudou de ma fille.

Ton plus beau voyage ?

C : Barcelone, l’année de l’Auberge Espagnole. Je suis partie avec une copine (Manouche dans le bouquin). On avait uniquement réservé la première nuit, le reste était du freestyle complet ! C’est là-bas que j’ai ressenti pour la première fois ce que c’est de vivre le moment présent. On savait qu’il fallait profiter de ces vacances-là et on l’a fait. C’était un voyage quasi initiatique.

Ta prochaine destination ?

C : Un Paris-Rouen. 10mn de bus, 45mn de métro, 1h10 de train et 10mn de voiture (soit 2h25 de transport). Pour le coup, j’ai mes repères puisque je suis de là-bas. Je connais même le goût du verre de vin que mes parents vont me servir quand je vais franchir la porte d’entrée. Pas besoin d’acheter de gel douche dans ce cas-là !

Comment occupes-tu généralement tes longs trajets ?

C : J’adore les longs trajets. L’avion, c’est trop rapide. Du coup, je prends le train quand je vais dans le sud. Je profite du trajet pour intégrer, visualiser mes vacances… Je liste les trucs dont j’aimerais profiter, ainsi je n’ai pas d’impression de flottement en arrivant !

Quels sont les accessoires dont tu ne vous sépares jamais en voyage ?

C : Mes médocs contre l’infection urinaire. Un carnet aussi, je ne pourrais pas vivre sans. Ah et mon passeport aussi.

Où irais-tu vivre si tu devais quitter Paris ?

C : Rouen car c’est là que j’ai grandi. Je pense que les gens ont deux types de rapport avec leur ville d’origine : soit elle leur donne l’impression de régresser, soit il s’agit d’un projet de vie. Je fais partie du second groupe.

*****Question subsidiaire : si ton roman était un voyage ?*****

C : Un voyage dans le temps car c’est une histoire que j’ai vécue. Le fait de l’écrire est presque un boulot de spéléologue. J’ai dû aller à ma propre rencontre.

 Camille Anseaume

Merci Camille pour cet entretien et pour le délicieux café à la menthe <3

« Un tout petit rien » de Camille Anseaume, éditions Kero
252 pages – 17 euros en version papier, 11,99 euros en numérique
Sortie le 10 février

Retrouve l’Interview Voyage des groupes Fauve et Caravage, de l’artiste JR, de la blogueuse Deedee, de la mannequine Marie-Astrid, de la réalisatrice Tania et des fondatrices de la marque Arsène.

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